Folklore du verre · Soufflé à la bouche à Kreuzwertheim

La boule de sorcière

Depuis trois siècles, on suspend des sphères de verre coloré aux fenêtres — pour recueillir la lumière et, à en croire les vieilles histoires, pour attraper tout ce qui voudrait entrer.

SchradeGlas Journal Folklore · Verrerie · Entretien Lecture ≈ 6 min
Boule de sorcière en verre soufflé de l'atelier SchradeGlas, tenue à contre-jour
Une boule de sorcière de notre atelier. À l'intérieur : un réseau de verre, formé pendant que la matière était encore en mouvement.

L'essentiel d'abord

Qu'est-ce qu'une boule de sorcière ?

Une boule de sorcière — en anglais witch ball — est une sphère creuse en verre soufflé, traditionnellement suspendue à la fenêtre pour protéger la maison des sorcières, des mauvais esprits et de l'infortune. La coutume est attestée en Angleterre à partir du XVIIIᵉ siècle et elle est probablement plus ancienne. La plupart des pièces anciennes sont bleues ou vertes, et beaucoup portent à l'intérieur un enchevêtrement de fins fils de verre — le piège, dit le folklore, où un esprit errant s'égare et reste pris.

Ôtez la superstition, et il reste quelque chose qui n'a jamais eu besoin d'être cru : une sphère de couleur dense qui reçoit la lumière du jour sous un angle et la rend sous un autre, légèrement transformée, du matin au crépuscule. De cela, nous pouvons répondre. Et c'est la raison pour laquelle un porte-bonheur vieux de trois cents ans garde sa place aux fenêtres d'aujourd'hui.

Folklore & histoire

Petite histoire de la chasse aux esprits

La boule de sorcière appartient à une grande famille de talismans domestiques — fers à cheval au-dessus des portes, pierres percées au bout d'un fil, bouteilles enterrées sous le seuil. On protégeait les ouvertures qu'une maison ne peut pas ne pas avoir, et la fenêtre était le plus bel endroit pour le faire. Le chapitre de la sphère se lit ainsi :

  1. XVIIᵉ–XVIIIᵉ siècles · Angleterre

    Du verre contre le malheur

    Les mentions écrites de boules de sorcière nous parviennent à partir du XVIIIᵉ siècle, mais la pratique est sans doute plus ancienne. Les sphères pendent aux fenêtres des cottages et au-dessus des portes ; dans les villages côtiers, elles se mêlent aux superstitions de la mer, où verre, filets et chance sont depuis toujours proches parents.

  2. XVIIIᵉ siècle · La logique du talisman

    Le piège de couleur

    Le mécanisme est merveilleusement littéral. La couleur vive, disait-on, attire l'esprit ; les fils à l'intérieur le retiennent ensuite comme une toile retient la mouche. Le bleu et le vert dominent — les couleurs que les premières verreries produisaient avec le plus de richesse, et celles que la lumière récompense le mieux à une fenêtre.

  3. Début du XIXᵉ siècle · Bristol

    Nailsea

    Beaucoup de boules de sorcière conservées — rayées et mouchetées d'émaux — sont attribuées à la verrerie de Nailsea, près de Bristol, même si on les soufflait dans toute l'Angleterre. La sphère est désormais autant ornement qu'amulette, et les verreries la fabriquent au grand jour plutôt qu'en marge.

  4. Milieu du XIXᵉ siècle · Une nouvelle surface

    Watch balls et verre argenté

    Le nom lui-même serait une déformation du terme plus ancien watch ball, la boule qui veille. À partir du milieu du XIXᵉ siècle, les verriers argentent l'intérieur de la sphère : suspendue dans une pièce, elle la reflète toute entière, comme un miroir convexe — une petite manière décorative de garder l'œil sur tout. Posée sur un socle au jardin, la même boule devient boule de jardin.

  5. XIXᵉ siècle · Outre-Atlantique

    L'Amérique adopte la forme

    À partir du XIXᵉ siècle, les verreries américaines soufflent leurs propres boules de sorcière, et la sphère s'installe sous les porches et dans les salons, loin des villages qui l'ont suspendue les premiers. Le vieux sens voyage léger ; le verre fait le reste.

  6. Aujourd'hui

    Un sens plus paisible

    Nul besoin de croire aux esprits captifs pour en suspendre une. La boule de sorcière est devenue ce qu'elle a toujours été aussi : du verre soufflé à la bouche qui travaille avec la lumière, en silence et chaque jour — et l'un des cadeaux les plus riches en histoires qui soient.

De notre atelier

Le souffle, la couleur et un réseau de verre

Chaque boule de sorcière quitte notre atelier comme elles quittent les ateliers depuis trois cents ans : par le souffle. Une paraison de verre en fusion au bout de la canne, la couleur travaillée dans la masse, puis l'air — calme, sans hâte — jusqu'à ce que la sphère trouve sa taille et s'installe en elle-même.

Les nôtres sont soufflées par Rolf Schrade dans l'atelier familial de Kreuzwertheim, en Allemagne, où le verre est le matériau de la famille depuis des générations. À l'intérieur de chaque sphère grandit une structure organique de verre — descendante de l'ancien piège à esprits. Elle se forme pendant que la matière bouge encore, et c'est pourquoi elle se forme chaque fois autrement. Deux réseaux ne s'enchevêtrent jamais de la même façon ; la sphère que l'on suspend n'existera qu'une seule fois.

  • Soufflée à la bouche, pièce unique
  • ≈ 9,5 cm de diamètre
  • Crochet inclus
  • Rouge · Bleu · Multicolore
Variante colorée de boule de sorcière aux structures de verre organiques Seconde variante colorée de boule de sorcière, verre soufflé au motif unique
Deux sphères, un même métier. Les motifs changent d'une pièce à l'autre, car chaque boule est soufflée individuellement.

Chez soi

Une place près de la fenêtre

La tradition sait précisément où va une boule de sorcière : à la fenêtre, près de l'endroit où la maison s'ouvre au monde. Nous ajouterions seulement ceci — choisissez la fenêtre dont la lumière accompagne vraiment vos journées. Vers l'est, la sphère travaille avec le matin ; vers l'ouest, elle garde sa plus belle heure pour le soir. Suspendue à son crochet par un cordon, elle tourne lentement dans l'air qu'une pièce déplace d'elle-même, et deux minutes ne se ressemblent jamais tout à fait.

Nous ne promettons rien au sujet des esprits. Ce que nous pouvons promettre, c'est le verre : sa couleur, son poids et sa manière de se comporter dans la lumière — chaque jour, sans qu'on le lui demande.

  • 01

    Bien la suspendre

    Utiliser le crochet fourni et un cordon qui tient bien le nœud. Vérifier la fixation de temps à autre — le verre pardonne beaucoup, mais pas le sol.

  • 02

    Dépoussiérer avec un chiffon doux et sec

    C'est là tout le rituel. Pour les traces de doigts, un chiffon à peine humide suivi d'un chiffon sec rend à la surface toute sa clarté.

  • 03

    Laisser la lumière faire le travail

    La sphère n'a besoin ni de polish, ni d'huile, ni de détergent. La lumière du jour est le seul entretien pour lequel elle a été pensée.

Questions & réponses

FAQ de la boule de sorcière

Qu'est-ce qu'une boule de sorcière ?

Une boule de sorcière est une sphère creuse en verre soufflé à la bouche, traditionnellement suspendue à la fenêtre pour protéger la maison des sorcières, des mauvais esprits et du malheur. La coutume est attestée en Angleterre à partir du XVIIIᵉ siècle ; beaucoup de sphères portent à l'intérieur de fins fils de verre, que le folklore décrit comme un piège à esprits errants.

Quelle différence entre une boule de sorcière et une boule de jardin ?

Une boule de sorcière est en verre coloré ou structuré à l'intérieur, et se suspend dedans — le plus souvent à la fenêtre. La boule de jardin est sa descendante en miroir : à partir du milieu du XIXᵉ siècle, des sphères argentées à l'intérieur furent posées sur des socles dans les jardins, où elles reflètent leur environnement comme un miroir convexe.

Les boules de sorcière fonctionnent-elles vraiment ?

Le folklore dit qu'elles attrapent le malheur avant qu'il n'entre dans la maison ; nous laissons volontiers cela au XVIIIᵉ siècle. Ce qu'une boule de sorcière fait de manière vérifiable : elle recueille la lumière du jour, la colore et la rend à la pièce — fidèlement, chaque jour où le soleil se lève. Beaucoup l'apprécient simplement comme un objet fait main à l'histoire singulièrement belle.

Où suspendre une boule de sorcière ?

Traditionnellement à la fenêtre — l'endroit pour lequel le talisman est né et où le verre est le plus beau. Une fenêtre à l'est lui offre la lumière du matin, une fenêtre à l'ouest le soir. Tout endroit lumineux où elle peut pendre librement et tourner convient ; utiliser le crochet fourni et un cordon sûr.

Comment nettoyer une boule de sorcière ?

La dépoussiérer avec un chiffon doux et sec. Pour les traces de doigts, passer un chiffon à peine humide puis sécher. Elle ne demande ni produit ménager, ni polish, ni soin particulier — la surface est en verre et ne demande qu'une chose : ne pas tomber.

La boule de sorcière, c'est seulement pour Halloween ?

Non. Historiquement, la boule de sorcière était un objet domestique de toute l'année, pas une décoration de saison — elle pendait à la fenêtre en janvier aussi naturellement qu'en octobre. Son histoire en fait un cadeau d'automne très aimé, mais le verre travaille avec la lumière en toute saison.

De l'atelier

En ramener une chez soi

Witch Ball – ornement en verre soufflé de SchradeGlas

Witch Ball — Ornement en verre soufflé

Soufflée à Kreuzwertheim · Rouge, bleu ou multicolore · ≈ 9,5 cm · Dès 32 €

Chaque sphère est soufflée individuellement et porte son propre réseau intérieur — il ne se répétera dans aucune autre. Livrée avec son crochet, prête pour la fenêtre à laquelle on pense déjà.

Voir la Witch Ball
  • Encyclopaedia Britannica — « Witch ball » : origines, couleurs, attribution à Nailsea, étymologie de watch ball.
  • Museum of Witchcraft and Magic, Boscastle — « A History of the Witch Ball » : watch-bottles, witch-watchers et traditions régionales.
  • Homes & Antiques — « The mysterious history of witch balls » : collection, sphères argentées et boules de jardin.
  • Wikipedia — « Witch ball » : panorama du folklore, superstitions marines et production américaine.
© SchradeGlas · Verre soufflé à la bouche de Kreuzwertheim, Allemagne Retour en haut ↑